Mur Parpaing
Mains d'un maçon mettant en place des armatures métalliques verticales le long d'un mur en parpaings en construction, près d'une ouverture.

Le parpaing

Chaînage en zone sismique 3 et 4 : ce que change la norme EC8

La réponse courte

En zones de sismicité 3 et 4, une maison individuelle suit le guide CPMI-EC8 : chaînages d'au moins 150 mm de section, quatre armatures HA10 ou HA12, cadres HA5 tous les 150 mm au plus, recouvrements de 60 diamètres, et chaînages verticaux espacés de 5 m au plus. En zones 1 et 2, aucune règle parasismique ne s'impose à une maison individuelle.

En zones 3 et 4, le guide CPMI-EC8 impose des chaînages de 150 mm, quatre HA10 ou HA12, des cadres tous les 150 mm et des recouvrements de 60 diamètres.

Ce que le guide change, et pour quelles maisons

En zones de sismicité 3 et 4, une maison individuelle ne se chaîne plus à l’habitude. Pour les demandes déposées depuis le 2 avril 2022, elle suit le guide de construction parasismique des maisons individuelles, le CPMI-EC8. Son nom renvoie à l’Eurocode 8, la norme européenne de construction parasismique, mais c’est le guide qui fixe les dispositions que tu appliques : des règles forfaitaires qui permettent de satisfaire à l’Eurocode 8 sans refaire le calcul.

Le guide vaut pour les maisons de forme simple, à usage principal d’habitation, avec une surface au sol d’au plus 200 m². Au-delà, ou si ta maison sort de ses autres conditions, c’est l’Eurocode 8 complet qui s’applique, avec un bureau d’études. En zones 1 et 2, une maison individuelle n’est soumise à aucune règle de construction parasismique. Ta zone se vérifie sur Géorisques, le portail de l’État sur les risques, en entrant ton adresse.

Où le guide impose des chaînages verticaux

Un chaînage vertical est obligatoire aux bords de chaque mur de contreventement, c’est-à-dire des murs qui encaissent les efforts horizontaux d’un séisme. Il l’est aussi aux bords libres de chaque élément de mur de la structure, murs secondaires compris, et à chaque intersection entre murs quand les chaînages déjà imposés sont distants de plus de 1,20 m. À l’intérieur d’un mur, tu en ajoutes autant qu’il faut pour que deux chaînages verticaux ne soient jamais à plus de 5 m l’un de l’autre.

Un chaînage qui règne sur plusieurs niveaux reste rectiligne, avec la même section sur toute sa hauteur. En partie basse, il s’ancre dans le chaînage de fondation ou dans les longrines.

La section et les armatures

Le guide fixe un minimum de 150 mm pour les dimensions de la section des chaînages, horizontaux comme verticaux. Les armatures longitudinales sont au nombre de quatre au minimum, et quand il n’y en a que quatre, elles sont en HA10 ou en HA12, à l’exclusion de tout autre diamètre. Leur section ne doit pas être inférieure à 1 % de celle du chaînage.

Le guide admet deux variantes : trois barres seulement, à condition de garder la même section d’acier totale, ou plus de quatre barres dans un chaînage plus large que le minimum, à section équivalente et avec des diamètres d’au moins 8 mm. Pour les chaînages horizontaux, la section d’acier minimale est de 3 cm², sauf au couronnement des combles.

Les cadres

Autour des armatures longitudinales, le guide impose des cadres HA5 au minimum, espacés de 150 mm au plus. Ce sont eux qui transforment quatre barres libres en une cage qui garde sa forme au moment du coulage.

Près des nœuds, là où plusieurs chaînages se rejoignent, le premier cadre ne doit pas être situé à plus de 75 mm du nœud de ferraillage.

Les liaisons entre chaînages

Aux nœuds, la continuité des chaînages doit être assurée dans les trois directions. Les recouvrements atteignent au moins 60 fois le diamètre des armatures, soit 600 mm pour des barres HA10 et 720 mm pour des HA12, et la disposition choisie ne doit provoquer aucune poussée au vide.

Pour la continuité des aciers verticaux d’un niveau à l’autre, le guide décrit deux mises en œuvre. Soit les aciers du mur inférieur dépassent du plancher et le recouvrement se fait dans le bas du mur supérieur, ce qui suppose un nœud assez large pour que les aciers verticaux soient bien enveloppés par ceux des chaînages horizontaux. Soit des barres placées exprès assurent le recouvrement entre les aciers interrompus sous le plancher et ceux qui repartent au-dessus : cela double l’acier dans la zone de recouvrement, mais c’est la seule solution valable quand le nœud est exigu.

Les ouvertures

Les murs de contreventement ne doivent pas comporter d’ouverture, sauf de très petites, d’au plus 0,04 m². Dans les murs secondaires, une ouverture d’au plus 1,5 m² peut se passer d’armatures d’encadrement ; au-delà, elle reçoit un encadrement correspondant à deux barres HA8, sauf dispense prévue par le guide. Ce seuil commande l’encadrement de l’ouverture, pas les chaînages verticaux.

L’ordre des opérations

Tout part des plans d’exécution, que le guide exige et qui doivent être remis au maître d’ouvrage : ils précisent les éléments qui assurent le contreventement et les réservations prévues. C’est sur eux que tu lis où tombent les chaînages avant de poser le premier rang.

Au montage, le guide fixe un ordre : pour obtenir une adhérence effective entre les chaînages et la maçonnerie, le béton des chaînages est coulé après l’exécution de la maçonnerie. Tu montes donc les blocs en réservant la place des chaînages, tu mets les armatures en place, et tu coules ensuite. Une fois le béton coulé, les aciers ne sont plus accessibles : c’est avant de couler que tu vérifies le nombre de barres, leur diamètre, les cadres et les recouvrements.

L’essentiel : ce que tu retiens

En zones 3 et 4, une maison individuelle qui entre dans son domaine suit le guide CPMI-EC8. Ses chaînages font au moins 150 mm de section, avec quatre armatures HA10 ou HA12, des cadres HA5 tous les 150 mm au plus, et des recouvrements de 60 diamètres. Les chaînages verticaux bordent les murs de contreventement et les bords libres, sans jamais s’écarter de plus de 5 m. Les ouvertures des murs secondaires de plus de 1,5 m² reçoivent un encadrement armé. Et le béton des chaînages se coule après la maçonnerie.